Choucha was a refugee transit-camp located in south-eastern Tunisia, 7 km from Libya and 25 km from the city of Ben Guerdane. Established in February 2011, it hosted several hundred thousand of refugees in transit during the Libyan civil war and the NATO attacks. While Libyan refugees were welcome into Tunisian families or temporarily settled in Tunis or in the camp of Remada, the refugees of Sub-Saharan origin fled to Choucha. I first travelled to Choucha in January 2012 as a photographer accompanying a reporter. Confronted with the rules of short-term reporting, I faced complex realities of the camp and my own difficulties to render an image. As a result, I decided to write a project and to return to Tunisia in July 2012 so as to start a long-term photography and video documentary project (funded by the Centre National des Arts Plastiques / Fonds d’aide à la photographie documentaire). At the same time, I also volunteered for the NGO Danish Refugee Council working on a project that addressed the psychosocial activities and education in Choucha. I taught an introductory course in analogue photography (“memory-tool”) to 16-18 years old youngsters in Choucha (August-December 2012). During one year, I got as close as possible to the people by being present in the camp and by analyzing the impact of temporal and topographic factors of a dwelling place which, originally was meant to be temporary but which has now become perennial, thus following the delay related to the different stages involved in requesting asylum. Choucha, January 2014 : women and children are begging food and water while men are trying to find work in Ben Guerdane. I knew that humanitarian organisations already left since eight months but i had no idea of the consequences. Zahra, a young sudanese woman testifies : “There is no water anymore in Choucha, no humanity, no electricity, we have nothing !”

Choucha était un camp de réfugiés situé en Tunisie, à 7km du poste frontière avec la Libye et à 25km de la ville de Ben Guerdane. Créé en février 2011, plusieurs centaines de milliers de réfugiés y transitent durant la guerre civile libyenne et les attaques de l’OTAN. Alors que les réfugiés libyens sont accueillis dans des familles tunisiennes ou s’établissent temporairement à Tunis ou dans le camp de Remada, les réfugiés d’origine subsaharienne viennent à Choucha. Je m‘y suis rendu la première fois au mois de janvier 2012, pour accompagner une journaliste afin d’illustrer son article en réalisant des photographies du camp. Me confrontant aux règles du reportage à court terme je faisais face à la réalité complexe du camp et à mes propres difficultés d’en restituer une image. Je décidais alors d’écrire un projet en conséquence et revenir à partir du mois de juillet 2012 afin de démarrer un travail documentaire au long-cours, photographique et vidéo (projet co-financé par le CNAP / Fonds d’aide à la photographie documentaire contemporaine, 2012). Durant une année, je suis allé au plus proche des personnes, en étant présent quotidiennement dans le camp et en analysant l’impact des facteurs temporel et topographique d’un lieu de vie qui, du statut temporaire est devenu pérenne, suivant ainsi le temps de l’attente imposé par les différentes étapes liées aux demandes d’asile. Choucha, janvier 2014, des femmes et des enfants mendient l’eau et la nourriture au bord de la route pendant que les hommes s’efforcent de trouver du travail dans la ville de Ben Guerdane, située à 20km. Je n’étais pas revenu dans le camp depuis juillet 2013, je savais pertinemment que les organisations humanitaires étaient parties mais je n’avais pas idée des conséquences. Zahra, une jeune femme soudanaise, témoigne : “Choucha est sans eau, sans nourriture, il n’y a pas d’humanité, pas d’électricité, nous n’avons rien …”